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Ghana : RSF condamne l’attaque de trois journalistes environnementaux en reportage sur une exploitation minière illégale

Ghana press3

Trois journalistes ont été menacés et empêchés de filmer l’exploitation illégale d’un terrain agricole par des mineurs dans l’ouest du Ghana. L’un d’eux a été agressé et son matériel a été endommagé. Reporters sans frontières (RSF) condamne cette nouvelle attaque visant à empêcher des journalistes de faire leur travail sur des sujets d’intérêt public relatifs aux ressources environnementales du pays et appelle les autorités à traduire les responsables en justice.

Nouvelle menace à l’encontre du journalisme environnemental au Ghana. Le correspondant de la station de télévision Channel One TV et Citi FM dans la région occidentale du pays, Akwasi Agyei Annim, ainsi que les journalistes Henry Fynn Emil et Jacob Adu-Baah, travaillant respectivement pour Angel TV et ABC News, ont été violentés et empêchés de filmer une exploitation minière illégale du district de Wassa Amenfi West, dans le sud-ouest, le 21 février dernier.

Alors que les journalistes, filmaient le site agricole illégalement occupé et exploité, des “galamsayers” – exploitants d’or au Ghana opérant de manière illicite –, les ont sommés d’arrêter de filmer et ont tenté de saisir leur caméra. L’escorte de quatre policiers qui accompagnait les journalistes n’a rien pu faire face à la violence de l’attaque. “J’ai alors filmé l’altercation avec mon téléphone. Trois d’entre eux m’ont hurlé d’arrêter, ils m’ont tordu le bras et frappé la main, ce qui a fait tomber mon téléphone”, témoigne Akwasi Agyei Annim auprès de RSF. “Ils ne voulaient pas nous laisser sortir tant qu’on n’avait pas supprimé les images. Ils ont bloqué les sorties, nous ont pris en otage”, poursuit-il. Sa caméra est désormais dysfonctionnelle et l’écran de son téléphone est cassé.

Après l’arrivée de renforts de police deux heures plus tard, les journalistes se sont rendus au poste de police du district d'Asankrangwa pour que leurs déclarations puissent être recueillies. Le ministre des Terres et des Ressources naturelles, Emmanuel Armah-Kofi Buah, a exprimé son indignation à la suite de cette attaque.

“Cette attaque, la deuxième en moins de quatre mois, illustre le danger auquel font face les journalistes qui couvrent les questions environnementales au Ghana. Même sous escorte policière, ils sont attaqués et empêchés de travailler sur ces sujets d’intérêt public. L’indignation des autorités ne suffit pas face à la gravité de ces actes. Nous les appelons à la traduire en acte concret, en faisant de la protection et de la sécurité des journalistes, particulièrement environnementaux, une priorité.”
Sadibou Marong, Directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF

Le seul suspect arrêté jusqu'à présent, chef présumé des mineurs de la mine illégale, a été arrêté le jour-même, avant d’être libéré sous caution deux jours plus tard. Il sera entendu au tribunal le 5 mars.

Les journalistes environnementaux font face à de sérieux risques au Ghana. En octobre dernier, RSF dénonçait la violente agression d’Erastus Asare Donkor, Majid Alidu et Nicholas Suantah, journalistes du groupe de médias Multimedia Group Limited, alors qu’ils effectuaient un reportage sur un site minier dans le sud du pays.

Le Ghana occupe la 50e place sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse publié par RSF en 2024.

CP RSF

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